L_affaire_D_BB

Il était, une fois de plus, une histoire incroyable racontée par un témoin crédible. Une histoire fantastique, sur laquelle j’ai eu la chance d’enquêter pendant plus de cinq ans. Une histoire passionnante, qui contient tous les ingrédients que l’on rencontre dans la littérature ufologique : une observation d’engins inconnus, un atterrissage, des contacts télépathiques avec le témoin, des effets à la fois physiologiques et psychologiques sur lui, la mort de son chien, la découverte de « débris », et des prolongements divers.

Le but du document présenté ici n’est pas de prouver la réalité de l’aventure vécue par le témoin, que nous appellerons Georges Dassas (ses nom et prénom ont été modifiés) : j’en suis bien incapable. Et puis, on l’a dit et redit, qu’est-ce qu’une preuve ? Quand on sait que, dans une affaire policière classique, on n’arrive pas toujours à découvrir de preuves, alors que penser d’une affaire extraordinaire comme celle-là… Une affaire comme il y en a tant, d’ailleurs, aussi bien en France qu’à l’étranger et à toutes les époques.

Voici donc un cas exceptionnel qui s’est avéré difficile à enquêter en raison de son ancienneté : 1955. Pour nous, c’était loin, très loin, trop loin pour découvrir, pensions-nous, quoi que ce soit de nouveau. C’est pourtant la tâche à laquelle je me suis employé, et nous verrons qu’il est toujours possible d’aller très loin dans des enquêtes de ce genre. Pour le témoin, c’était hier, tous ses souvenirs, tant de fois relatés, sont toujours présents dans sa mémoire et l’ont marqué à jamais.

J’ai pu, tout au long de ces cinq années d’investigations, faire des constatations, accumuler des dizaines et des dizaines de documents, rechercher des corrélations avec d’autres cas similaires, enregistrer et noter tous les témoignages recueillis, directs et indirects ; tenter d’approfondir certains éléments troublants de l’histoire, faire de nouvelles découvertes, rassembler tout ce qui avait été publié sur ce cas… Voici le résultat de cette contre-enquête. Une amitié est née entre le témoin et l’enquêteur, ce qui a débouché sur une confiance et engendré le recueil de nouvelles confidences.

Si j’ai éprouvé parfois un sentiment de regret de n’être pas allé aussi loin que je l’aurais souhaité, j’aurai eu la satisfaction d’avoir fait tout ce qu’il était en mon pouvoir pour tenter d’éclaircir cette affaire. Cette enquête n’est pas inventée. Quelqu’un a déjà dit avant moi que la réalité dépasse parfois la fiction… L’introduction d’un roman policier se termine par cette phrase : attachez vos ceintures. Mais ceci n’est pas un roman policier. Cela s’est passé dans l’Hérault, en 1955, alors que je n’étais même pas né. C’était il y a plus de quarante ans (...)

Voilà un extrait de la préface de « L’Affaire D. », une enquête de Bruno Bousquet. Comment résumer en quelques lignes (ou même en quelques pages) une affaire qui a nécessité tant d’heures de recherches ? Un document d’anthologie en est résulté : « L’affaire D. », une enquête de 165 pages au format 21/29,7 cm, distribué au départ par l’association SOS-OVNI puis par le SCEAU. Deux minuscules extraits de présentation du cas, avec Perry Petrakis (voir ci-dessous), puis Franck Boitte, dans une critique dithyrambique qui fait honneur au travail accompli, dans la revue Inforespace :

Passionnante lecture que celle de l’Affaire D., qui s’aborde à la manière d’un bon polar. Georges Dassas a –t-il, oui ou non, rencontré des êtres venus d’un autre monde un soir d’avril 1955 ? (...) Bruno Bousquet nous entraîne ici dans les méandres d’un enquête longue de cinq années. Il nous fera partager ses certitudes, son cheminement intellectuel, puis ses doutes fondés sur ses constatations de terrain, et là n’est pas la moindre des qualités de ce document (...) »

(...) Perry Petrakis a un enquêteur sous la main, qu’il a eu l’occasion de rencontrer (...) et qui a plus de quinze ans d’enquêtes ufologiques à son actif et qui sait, quand il le faut, faire preuve à la fois de compétence et de discrétion (...) Ce sera donc lui the right man in the right place (…)

Une critique, soit dit en passant, qui se fera sur plusieurs dizaines de pages, dans Inforespace (voir notamment les numéros 105, 106, 107…). Arrêtons là ces hommages encenseurs, mais ne les oublions pas ! Et occupons-nous du cas proprement dit (les lignes ci-dessous sont la retranscription du premier enregistrement du récit du témoin).

« Ce jour-là, avant souper, nous étions allés vers la cave coopérative avec mon collègue, et nous avions ramassé jusqu’à soixante kilos d’escargots. Quand il a été vingt-trois heures trente, on a décidé de rentrer chacun chez soi. Mais j’ai alors décidé de retourner sur les lieux pour continuer ma récolte. Le temps était humide. J’ai pris la route départementale de Montpellier et emprunté le  chemin des Crouzets. Il devait être minuit et quart ou minuit vingt, et vers zéro heure trente-cinq, je me trouvais à l’intersection de ce chemin.

« Tout à coup, en direction du  mas de Perdigal, j’ai vu une grande lueur orangée, d’environ cinq cents mètres d’envergure. De cette rougeur, il y avait sept lueurs, également orangées. Contrairement à ce que font les avions, cette escadrille était à l’envers, c’est à dire pointe vers l’arrière, et c’est ce qui m’a étonné. Ces lueurs avançaient dans ma direction, et allaient donc me passer sur la tête. J’ai vu alors comme des toupies, les points avaient grossi et ressemblaient à des toupies…

« Tout d’un coup, de chacun de ces engins, s’est dégagé de chaque côté, des « moustaches », de couleurs surnaturelles, indéfinissables. Ces engins ont avancé, et sont allés se poser de l’autre côté de la route, un peu en contre- bas, à côté d’une pinède.

«  J’avais compté les appareils : sept points au départ, puis sept toupies. Or là, sur l’aire de l’atterrissage, j’en ai compté six ! Je me suis dit : il en manque un ! Je lève la tête et je vois, à cinquante, soixante, soixante-dix mètres, une masse sombre, comme une espèce de poids lourd suspendu dans l’air. Cet appareil est descendu jusqu’à vingt mètres environ, s’est éteint, a émis un bruit, est descendu encore jusqu’à six mètres avec un bourdonnement, un peu comme un bourdonnement d’abeilles… »

« N’ayant jamais eu peur du danger, et réalisant que je suis devant quelque chose d’insolite, je pense à inviter les occupants à boire le café ! Cet engin avait six mètres à six mètres quatre-vingts d’envergure, pour trois mètres soixante à trois mètres quatre-vingts de hauteur, de couleur gris clair, ressemblant à du métal. A deux endroits sur la face, il y avait une espèce de zone plus foncée, et je pense que c’était des hublots. C’est alors que j’ai senti une sorte de picotement. Partant de l’appareil, il se dirigeait un cône de lumière blanche, en pointillé, dans ma direction. Je veux voir ce qui se passe sur l’aire d’atterrissage, mais lorsque je veux tourner la tête pour regarder, je m’aperçois que je ne peux pas. Je ressens des picotements sur les épaules, la tête, les oreilles, ainsi qu’à mon bras et à ma main qui tient ma lampe… Je ressens une paralysie ; les muscles du cou s’étaient transformés en muscles d’acier. Je ne peux tourner la tête. J’ai voulu bouger : impossible. J’ai voulu soulever mon pied : il faisait au moins cinq tonnes ! Je n’ai pas pu éteindre ma lampe et n’y parviendrai qu’après un effort surhumain, en forçant très fort, et avançant mon pouce, millimètre par millimètre. Alors le rayon s’est estompé, et la durée de mon « irradiation » aura duré de seize à dix-huit minutes… Le faisceau diminuant d’intensité, le fourmillement me quitte progressivement, et au bout de trois à six minutes, je récupère la plénitude de mes mouvements. »

« Pendant mon immobilisation, j’avais pu remarquer que l’un des engins fouillait la terre avec un genre de tentacule, comme un tuyau coudé.

« Je vais un peu plus loin –trente à cinquante mètres- sur le chemin de terre. Le bourdonnement, le même qu’au début, se fait entendre, et l’appareil s’en va, de façon elliptique, et va se poser avec les autres, tout en tournant sur lui-même. Il était une heure passée. J’ai appelé à l’aide ; en vain. ‘ Eh ! Oh ! Venez ! Venez voir ce qui se passe !’  Les premières maisons étaient à trois cents mètres…

« J’ai senti un mal de tête, et j’ai eu un premier contact. Comme s’il y avait eu quelque chose d’écrit sur un écran. C’est difficile à expliquer. Quelque chose qui m’a dit : ‘ C’est inutile, ne pensez pas d’appeler quelqu’un.’  On m’explique que, avant que j’aie traversé les vignes, traversé la terre qu’il y avait après, avant que j’aie abordé le village et remonté toute la rue, que j’aie tourné dans la rue du maire, que je sois allé dans sa cour pour me faire ouvrir, appelé, qu’il se réveille, s’habille, et qu’il vienne, et que quelqu’un vienne avec lui… qu’ils seraient partis, et que j’aurais bonne mine. Ca m’a dit : « ‘Tu auras bonne mine !’

« La zone orangée, entre temps, celle que j’avais vue au début de l’observation, s’était posée sur le secteur, et formait comme une cloche sur les objets. Cette espèce de lumière est passée de l’orangé au jaune orangé. Mon chien, qui ne me quittait jamais, m’avait sûrement suivi, et je suppose que son malheur est venu de là puisqu’il s’est décomposé le lendemain matin dans ma cour. Je pense qu’il était avec moi, mais je ne me souviens pas de l’avoir vu. Si je m’en souvenais, je le dirais… Il ne me quittait jamais, çà c’est sûr…

« J’ai voulu m’approcher de cette coupole. Alors, à peine à quatre ou cinq mètres de l’appareil, j’ai senti comme si, en même temps, on m’avait poussé par devant et tiré par derrière… Deuxième message : ‘ Attention ! Au-delà de cette limite, c’est la destruction assurée. Ne t’expose pas inutilement, ton sacrifice ne serait pas reconnu. Tu n’en retirerais que de la moquerie, et peut-être davantage. Pense à tes filles et à ton épouse qui sont dans leur lit et qui attendent ton retour. Ne te sacrifie pas inutilement. D’ailleurs, votre société n’est pas faite pour comprendre et pour assimiler un phénomène de l’importance de celle que tu es en train de vivre actuellement. Ecoute la voie de la sagesse et de la raison, n’insiste pas, retire-toi.’

« Alors je me retourne. Puis je me ravise : idem ! Je vois, en plus, que de l’appareil sortait comme une espèce de tuyau, je suppose qu’ils devaient prélever de la terre… J’ai reçu un troisième message, et alors là, je me suis retiré. J’ai vu que je n’étais pas le plus fort…

«  Je monte sur un promontoire et peux observer le départ des objets. On aurait dit, alors, que j’avais de l’eau dans la tête. En me baissant, j’avais comme un vide gênant au niveau du cerveau, indéfinissable, un peu comme si l’intérieur du crâne avait été ramolli… Il était deux heures quarante, deux heures quarante et une… La zone est redevenue orangée, et les engins sont repartis l’un après l’autre, se reformant en escadre, toujours en position inversée. Dès qu’ils ont passé la campagne du Perdigal, ça a été le noir absolu.

La contre enquête consistera à revoir le témoin des dizaines de fois, à retourner sur les lieux, à rechercher des corrélations avec d’autres cas, etc. Nous irons à la poursuite de nouveaux documents qui auraient pu confirmer ou infirmer certains détails relatés ; à la poursuite aussi d’enquêteurs qui avaient eu vent de l’histoire avant nous... Avec, toujours, cette idée de rester aussi neutre que possible, de tenter de démêler le vrai du faux, le vrai-faux du faux-vrai... Et d’écouter, toujours, le témoin, qui ayant gagné notre confiance, nous apportera alors quelques détails nouveaux et croustillants...

Tout y passe : un chien qui meurt on sait comment mais on ne sait trop pourquoi, des problèmes de santé, une médecine « non officielle » qui fait son apparition, de nouveaux phénomènes qualifiés de « psi », des rencontres avec quelques MIBs, etc. « L’Affaire D. » présente également ses découvertes de documents aux archives départementales, relations d’observations faites accréditant la version du témoin, retrouve les enquêtes faites à l’époque par d’autres groupements, court après le GEPAN, espère, désespère, ... et conclue que l’enquête n’est pas close, bien évidemment ! Ah, si l’ufologie était reconnue, si nous pouvions en vivre, on se jetterait volontiers corps et âme dans des dossiers comme celui-là !